Les autorités irakiennes n’ont pas été les seules a désapprouver les chants pro-Saddam Hussein, scandés pendant la rencontre du dimanche 9 septembre entre l’USM Alger et une équipe de leur pays. Une commission de discipline de l’Union des associations arabes de football (UAFA) a décidé de condamner la formation algéroise à une amende de 150 000 dollars.

L’affaire des chants pro-Saddam, scandés pendant le match entre l’USM Alger et les « Forces aériennes  » d’Irak, se poursuit. Après le volet diplomatique, c’est autour de l’UAFA de réagir. Traduit en commission de discipline, le club a écopé de 150 000 dollars d’amende pour slogans racistes, ainsi que 5 000 dollars supplémentaires pour utilisation de fumigènes.

Les supporters ont chanté « Allahou Akbar Saddam Hussein ». Une ligne rouge pour l’équipe et les autorités irakiennes, qui n’ont pas tardé à réagir. L’agence officielle du pays avait annoncé, dimanche 9 septembre, la convocation prochaine par le ministère des Affaires étrangères de l’ambassadeur d’Algérie à Bagdad, afin de lui exprimer « l’indignation du gouvernement et du peuple irakiens ».


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Les principaux concernés ne semblent pas du même avis. Contacté par Jeune Afrique, Jugurtha Boumaza, gestionnaire du site des supporters, a révélé que le club irakien leur avait même demandé des excuses officielles. Une demande à laquelle la fédération n’a pas souhaité répondre.

Nous avons toujours été très politisés. Nos hymnes parlent de Che Guevara, de Ben Laden, de George Bush et même de Bouteflika

« Cette histoire a pris bien trop d’ampleur. Nous n’avons pas insulté le peuple irakien, nous respectons ce peuple », argumente Jugurtha Boumaza. « Ces chants constituent l’âme de notre club. Nous avons toujours été très politisés. Nos hymnes parlent de Che Guevara, de Ben Laden, de George Bush et même de Bouteflika. Il nous est aussi arrivé de scander des slogans à la gloire de Kadhafi lors d’une rencontre contre une équipe libyenne, sans que cela ne pose problème. Nous n’avons pas de tabou. C’est aussi cela l’ambiance dans les gradins. Ce sont des espaces de liberté, et tout est bon pour déstabiliser l’adversaire ! », clame le jeune usmiste.

Mêmes effets, autres causes

Dans une logique quelque peu contradictoire, les spectateurs jugent ces refrains pro-Saddam peu insultants. « C’est un criminel de guerre, mais c’est aussi un dirigeant qui a su tenir tête aux Américains. Des hommes comme lui, il y en a peu dans le monde arabe. C’est aussi pour cela que nous avons martelé ces chansons », avance le gestionnaire du site des fidèles de l’USMA.

Lors du retrait de l’équipe irakienne, l’équipe algéroise menait le jeu à 2-0. Un score qui donne l’impression aux aficionados algérois que la réaction irakienne était en fait une tactique.

« Il y a de cela trois jours, ce même club irakien a joué contre une formation jordanienne, pour le compte de la Coupe d’Asie. Le public jordanien a scandé les mêmes paroles, et ils n’ont pas arrêté le match pour autant. Je trouve que c’est quand même curieux ! Pour moi, toute cette histoire est une manière de justifier leur défaite et de rentrer en héros en Irak, malgré leurs mauvais résultats de ces derniers mois », argumente Jugurtha Boumaza.

Pour l’instant, le club condamné n’a pas encore engagé de recours. Il doit jouer ce dimanche sa qualification pour la demi-finale de la Ligue des champions africaine.

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