C’est à Abuja, au Nigeria, que Sisiku Ayuk Tabe et neuf autres dirigeants sécessionnistes ont été arrêtés la semaine dernière par l’armée camerounaise, en collaboration avec les services nigérians.

Confirmation a été faite par des sources sécuritaires camerounaises, citées par l’agence Xinhua, que le leader sécessionniste Sisiku Ayuk Tabe a bien été arrêté à Abuja. Il présidait, avec neuf autres cadres de son mouvement, une réunion consacrée à la « crise des réfugiés » issus du Cameroun anglophone au Nigeria.

Le résultat de la coopération des services camerounais et nigérians 

L’opération a pu être possible grâce à la coopération nouée en 2017 entre Yaoundé et Abuja en vue d’éradiquer les attaques violentes qui secouent depuis plusieurs mois les deux régions anglophones du Cameroun, lesquelles ont été revendiquées par le Southern Cameroons Freedom Fighters (SCFF), un groupe disant être la branche armée du Southern Cameroons National Council (SCNC). En effet, les forces de défense et de sécurité basées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont été la principale cible de ces attaques, plus d’une dizaine de gendarmes et de policiers y ayant ainsi été tués fin 2017. Avec pour principale base arrière le Nigeria – lieu de résidence des principaux dirigeants du mouvement sécessionniste –, le SCNC, apparu en 2017, serait composé d’environ 4 000 hommes parmi lesquels d’anciens soldats ayant déserté l’armée camerounaise, selon une estimation faite par celle-ci.

Sous la menace d’une loi antiterroriste de 2015

En tout cas, sans tarder, les dirigeants sécessionnistes, pour la plupart d’entre eux des avocats, des enseignants d’université et des médecins, ont été transférés à Yaoundé, où ils ont été placés en détention. Ils sont sous la menace d’une loi antiterroriste adoptée en 2015 dans le cadre de la guerre contre Boko Haram, la secte islamiste nigériane qui mène des attaques contre le Cameroun depuis 2014. Et Sisiku Ayuk Tabe, président de la république autoproclamée d’Ambazonie, créée en octobre dernier par les sécessionnistes de la partie anglophone du Cameroun, ne sera pas le dernier sur la liste.

Par Le Point Afrique