Inaugurée en décembre 2015, la centrale électrique de Matebe fournit actuellement de l’électricité dans plusieurs agglomérations du Nord-Kivu. Le projet financé par la fondation américaine Howard Buffet est censé protéger le Parc national des Virunga de la pression humaine. Le parc est notamment confronté à la coupe des arbres qu’effectue la population riveraine. Cette dernière utilise le bois comme combustible.

En plus de proposer une nouvelle source d’énergie qui protège les ressources du parc, la centrale électrique a permis l’avènement de plusieurs activités pour les habitants de la région.

Des emplois créés

Depuis son lancement, la centrale hydroélectrique de Matebe a généré de nombreux emplois dans la région.

A l’entrée du centre de l’Institut congolais de conservation de la nature (ICCN) à Matebe dans le Parc National des Virunga,  une centaine de jeunes font chaque jour le pied de grue à la recherche d’un travail à faire.

Dans le site, plusieurs activités ont été développées notamment des ateliers de menuiserie, de mécanique ainsi qu’une briqueterie et des travaux d’entretien.

A en croire Josué Duhanvunganyi, chargé de relations publiques et gestion du service client à la centrale de Matebe, 1387 personnes ont des contrats de travail permanents avec le parc des Virunga grâce à ce projet.

«Nous avons 138 agents permanents qui ont des contrats avec Virunga. Il y a des journaliers qui nous sont fournis par la chefferie de Bwisha qui peuvent atteindre en moyenne chaque mois [le nombre de] 500. Sur le plan social, cela a un impact», note-t-il.

Josué Duhanvunganyi explique le projet Matebe a aussi permis une amélioration de l’habitat. Les habitations sont désormais construites en matériaux durables.

Réduction du braconnage

Les activités générées par la centrale ont-elles permis de réduire le braconnage dans le parc ? C’est en tout cas ce que pense le conservateur Innocent Mburanumwe, chef de site adjoint du Parc des Virunga.

Au moins 80 braconniers et coupeurs de route se seraient rendus à l’ICCN au cours des trois derniers mois. Ils auraient décidé d’abandonner le braconnage.

«Ils se sont rendus suite aux œuvres que nous avons faites aux alentours de Mikeno, en nous disant qu’ils sont sensiblement motivés. Ils ont déclaré qu’ils ne feront plus cette activité de braconnage. Il y a eu une grande réduction de braconnage dans le secteur Mikeno», témoigne Innocent Mburanumwe.

Electricité

Le courant produit par la centrale de Matebe est déjà distribué dans les groupements de Kisigari et Rugari ainsi que dans les cités de Rutshuru et Kiwanja. Une nouvelle ligne est tirée vers la ville de Goma, la capitale provinciale, où un peu plus de 5 mégawatts doivent être écoulés.

La centrale connaît cependant quelques difficultés. Malgré une capacité de production de plus de 13,8 mégawatts, elle ne produit que 3 mégawatts d’électricité. Pour pérenniser les opportunités d’emplois, Virunga SARL, département du parc chargé des projets de production de l’énergie durable, a lancé un projet de formation et d’accompagnement de petites et moyennes entreprises.

Autre difficulté rencontrée par le projet : le coût de vente de l’électricité. Pour se connecter au réseau, il faut débourser 223 dollars américains. Une somme hors de portée de nombreux ménages.

Actuellement, des organisations locales partenaires de l’ICCN réfléchissent sur des mécanismes à mettre en place pour créer des mutuelles et tenter d’alléger ces frais.