La vie devient de plus en plus difficile à Tshikapa au Kasaï. La ville fait face à la flambée des prix des produits de première nécessité, l’effondrement du secteur du diamant et la persistance de l’insécurité. Cette situation est consécutive au phénomène Kamuina Nsapu, qui a fait des milliers de morts et des déplacés.

C’est la désolation au marché en plein air de Tshikapa : La mesurette de maïs, qui coûtait 400 francs avant la crise, a doublé de prix. A la base : les « Bayanda », ces cyclistes qui alimentent ce marché en produits vivriers, ne veulent plus voyager. Ils sont découragés par l’insécurité et les multiples barrières payantes érigées par les militaires et policiers.

«Par vélo, nous payons 2000 francs congolais. Mais, il y a six barrières [… ] Je reste à Tshikapa, je suis allé acheter les cosettes de manioc à 25 kilomètres de Kamonia», a témoigné un de ces cyclistes. Il a par ailleurs appelé l’Etat à enlever ces barrières illégales, réhabiliter les routes et accorder des crédits agricoles à la population locale.

En attendant qu’on lève ces barrières, les prix s’enflamment sur le marché de Tshikapa. Brigitte Misenga dit craindre pour l’avenir de son restaurant:

« Je suis obligée maintenant de préparer peu d’aliments. Soit environ 10% de ce que je préparais avant. J’ai sept travailleuses. Je leur payais 100 dollars américains ; maintenant, c’est 15 000 francs congolais (un peu moins de 10 USD). Elles ont accepté, parce qu’elles ont compris la situation que nous traversons».

Avant le conflit, les recettes journalières de Charlène, qui évolue dans la friperie, s’élevait à environ 900 000 francs congolais.  Aujourd’hui, il lui est difficile d’atteindre le tiers de cette somme.
L’argent ne circule plus à Tshikapa, renchérit un taximan moto. Le diamant devient invisible dans cette ville diamantifère. Les opérateurs du secteur se contentent désormais de commercialiser les déchets.

Zacharie Kabangu, président de l’association des négociants de diamant et de l’or, explique que le conflit armé a ravivé les tensions tribales dans les zones minières.

De son côté, le gouverneur du Kasaï, Marc Manyanga, se dit optimiste. Il espère qu’avec la réouverture de la frontière Angola –RDC, samedi dernier, sa province sera désenclavée.

Il reste tout de même un autre défi: la réhabilitation des routes de desserte agricole et celle qui relie les villes de Tshikapa et Kananga.

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