Le colonel John Tshibangu qui s’affuble du grade du lieutenant général est réapparu dans une vidéo après un long moment d’absence, disant donner un ultimatum au président Joseph Kabila pour demander pardon aux Congolais et aux églises qu’il aurait fait profaner. Sinon, il va « le chasser du pouvoir », précise l’officier déserteur.

« Aujourd’hui, je réapparais pour vous dire que je suis avec vous ! Et que je donne à M. Kabila 45 jours. S’il ne demande pas pardon au peuple congolais, s’il ne demande pas pardon aux églises qu’il a profanées, moi, en tant que fils du Congo, j’ai pris l’engagement de le chasser par la force. Nous allons le chasser et il fuira, » déclare John Tshibangu entouré d’hommes armés en tenues militaires, à côté de véhicules 4×4, scandant des slogans pour un groupe appelé Forces nouvelles du Congo, dans des vidéos postées sur les réseaux sociaux.

Ni la date ni le lieu de la vidéo ne sont indiqués ou confirmés. Mais l’officier congolais, s’exprimant tantôt en lingala, en swahili ou en tshiluba, trois des langues nationales parlées en RDC, soutient qu’il est bien de retour au pays après quelques mois passés en exil.

Des proches du pouvoir, contactés par VOA Afrique, reconnaissent avoir récemment reçu des appels du lieutenant-général déserteur proférant les mêmes menaces.

« Ici, c’est votre fils le lieutenant général John Tshibangu Mboson Wa Muswa. Je suis bien ici au pays. Je vous ai promis un changement, qu’on chasse l’ennemi. L’ennemi, c’est qui ? C’est Kabila qui vous tue tous les jours », indique M. Tshibangu dans la vidéo.

VOA Afrique n’a pas réussi à joindre l’officier déserteur pour plus de détails.

Le « lieutenant-général » accuse le président Kabila d’entraver à la démocratie, de violer la Constitution, de recourir aux forces armées et aux milices pour massacrer quotidiennement les Congolais.

La RDC est en crise pour la non-tenue des élections en 2016.

Les autorités ont interdit toute manifestation et les forces de sécurité ont réprimé dans le sang une marche appelée par des laïcs catholiques le 31 décembre dernier avec un bilan d’au moins six morts, selon les organisateurs et les Nations unies.

Au cours de la répression de la marche, les forces de sécurité sont parfois entrées dans des églises où elles ont tiré à balles réelles et utilisé du gaz. lacrymogène.

Les laïcs catholiques prévoient une nouvelle marche le 21 janvier.

Le gouvernement fait l’objet de critiques sévères de la part des leaders des églises catholiques et protestantes.

L’archevêque de Kinshasa, Mgr Monsengwo, a récemment, appelé les « médiocres à dégager » et le numéro un de l’église protestante, le pasteur François-David Ekofo a, lui, demandé que « l’on sache passer le bâton comme dans une course de relais pour que tout le pays gagne ».

Le président Kabila, au pouvoir depuis 2001, avec un mandat expiré le 19 décembre 2016, s’est maintenu au pouvoir alors que la Constitution ne l’autorise pas à se représenter parce que déjà élu par deux fois à la tête du pays.

La CENI (Commission électorale nationale indépendante) a, en décembre, reporté une énième fois les élections pour le 23 décembre 2018.

Tout ceci a lieu alors que le général Faustin Munene, ex-chef d’état-major congolais soupçonné par la République démocratique du Congo d’avoir commandité en 2011 une attaque contre la résidence du président Kabila et un camp militaire à Kinshasa, a été arrêté le 10 janvier au Gabon, selon des sources concordantes.

VOA Afrique