Publié le

Un rapport remis mercredi à Dublin pointe les dysfonctionnements et la misogynie institutionnelle qui ont conduit plus de 220 patientes à ne pas être informées d’erreurs dans les résultats de leurs examens.

“Désintérêt” pour le sort des patientes, culture paternaliste : le rapport publié le mercredi 12 septembre à Dublin est accablant. Ses conclusions font état d’“un échec total du système” de dépistage du cancer du col de l’utérus, relate l’Irish Examiner, qui condamne en une de son édition de jeudi 13 septembre une forme de “misogynie institutionnelle”.

Le programme, baptisé “Cervical Check”, était “tellement mal géré qu’il ne pouvait que se solder par un échec”, assène le document de 170 pages, qui fait suite au scandale qui a éclaté en mai dernier, à la faveur d’un procès intenté par Vicky Phelan, une habitante de Limerick, dans l’ouest du pays, contre l’entreprise texane chargée d’analyser les résultats obtenus par le service de santé irlandais.

Après la naissance de son deuxième enfant, en 2011, celle-ci avait pris part à un test de dépistage du cancer du col de l’utérus, comme les autorités publiques conseillent à toute femme âgée de 25 à 60 ans de le faire, et ce tous les trois ans. “Initialement, aucune anomalie n’a été détectée”, expliquait alors l’Irish Times. Lors de l’examen suivant, en 2014, des cellules cancéreuses sont cette fois-ci identifiées. Seulement, en parallèle, un audit de son test précédent révèle qu’un cancer était déjà potentiellement en train de se développer en 2011. Une information qui ne lui est révélée qu’en 2017.

Et comme le confirme le rapport, cette patiente n’était pas la seule dans ce cas, puisque 221 femmes au total n’ont pas été prévenues qu’un second examen de leurs résultats laissait place au doute. “Le désarroi de ces patientes a été dans de nombreux cas aggravé par l’attitude des médecins”, constate l’Irish Independent, qui relaie les témoignages de plusieurs d’entre elles, interrogées dans le cadre du rapport. Un document “perdu dans [ses] dossiers”, un protocole “qu’[il] ne connaissai[t] pas”, autant d’excuses “douloureuses” à entendre. “Quand j’ai demandé à mon médecin ce que je devais faire maintenant que je savais, il m’a dit : ‘Regardez les informations à la télé’”, raconte une victime. Pour le Dr Gabriel Scally, auteur du rapport, le fiasco est en partie dû au fait que les médecins n’avaient aucune obligation d’informer les patientes. Résultat, parmi les 50 recommandations détaillées dans le document figure en bonne position la “réforme urgente du dispositif de divulgation” afin de respecter “le droit des patients à connaître avec précision leur état de santé”.

Lisez l’article a la source