Comme metteur en scène et chorégraphe, James Thierrée sera à l’honneur au Palais Garnier. Le Suisse fera déambuler une cinquantaine de danseurs dans les espaces publics de l’Opéra pour son nouveau spectacle « Frôlons ».

Il est souriant, et même carrément blagueur. Il ouvre la porte d’un studio de répétition du Palais Garnier, à Paris, et lance : « J’y suis du matin au soir depuis quelques mois, autant dire que j’y dors presque. » Le locataire de l’institution dorée est James Thierrée, à l’affiche avec une création, Frôlons, qui se déroulera dans les espaces publics de Garnier. Soient le grand escalier, le foyer et la rotonde des abonnés.

Un lieu peu commun, et donc un vrai défi pour le metteur en scène, qui définit son spectacle comme « une machine de guerre au sens positif du terme » : « Cinquante interprètes dans trois zones différentes, c’est trois spectacles en même temps. Je suis plus habitué à créer des pièces intimistes avec quatre ou cinq personnes ! »

Mais les habitudes, le Suisse de 44 ans a coutume de les envoyer balader. Au point qu’il est difficile de l’étiqueter. Acrobate, danseur, clown, comédien, violoniste, metteur en scène, chorégraphe, compositeur, Thierrée déborde. Petit-fils de Charlie Chaplin, et fils des acteurs Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée, il a joué, dès l’âge de 4 ans, dans les spectacles de ses parents, du Cirque imaginaire au Cirque invisible. Surtout, James Thierrée est un pirate. Il l’a prouvé dans ses spectacles.

« Je n’étais qu’une pièce dans le spectacle familial. Heureusement, je ne me suis pas épuisé à devenir le meilleur acrobate du monde. J’ai préféré le monde de l’ambiguïté, qui est une force. »

Accrochez-le dans les cintres et le voilà en train de faire tanguer le plateau sous un poids de voiles dans La Veillée des abysses (2003). Plongez-le sous l’eau et il surgit pour ruer dans le bocal de La grenouille avait raison (2016). Invitez-le au cinéma et il déboule dans la sciure de la piste avec Chocolat (2016).

« Je reste au milieu du carrefour, je ne choisis aucune route, déclare-t-il. Plus jeune, j’ai vécu un grand moment…

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