Le parquet de Nancy a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête concernant des faits supposés d’agression sexuelle par un candidat de l’émission phare de TF1.

Deux jours après avoir entendu l’homme soupçonné d’agression sexuelle sur le tournage du jeu télévisé « Koh-Lanta », le parquet de Nancy a ouvert mercredi 16 mai une information judiciaire à son encontre, à la suite de la plainte déposée par une participante.

L’homme, âgé de 33 ans et domicilié en Meurthe-et-Moselle, avait été entendu par la police judiciaire en garde à vue, après avoir été arrêté lundi matin à sa descente d’avion à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

L’homme nie « catégoriquement » les faits

« Il récusait les accusations portées à son encontre par la jeune femme, même s’il confirmait que la nuit des faits dénoncés, il avait dormi à côté » d’elle, a dit le procureur de la République de Nancy, François Pérain, « compétent au regard du domicile du mis en cause ».

La jeune femme, âgée de 20 ans, a raconté aux enquêteurs qu’au début de mai, « elle s’était réveillée alors que le mis en cause était en train de l’embrasser sur la bouche, avant de pratiquer des attouchements sous ses vêtements », a relaté le procureur. Repoussant à plusieurs reprises la main de son agresseur supposé, elle avait dit avoir quitté l’abri où dormait le groupe et s’être confiée à d’autres candidates, puis à des membres de l’équipe de tournage. « Il revient au seul juge d’instruction d’organiser les investigations à venir et de désigner un service enquêteur », a déclaré le procureur.

La défense doute du « discernement » de la victime supposée

Contacté par Le Monde, Léon del Forno, l’avocat de la candidate, n’a pas souhaité commenter la procédure en cours, afin de « respecter la sérénité de l’enquête ». « Nous réservons nos informations à la justice, a-t-il argué, mais quand il sera fait état d’informations inexactes, (…) on le signalera, parce que cela relève non seulement de faits inexacts, mais d’une intention de la déstabiliser. »

Jérémie Assous, l’avocat du candidat accusé, estime que l’ouverture d’une information judiciaire est « une excellente nouvelle » qui va permettre de « procéder à un certain nombre de demandes d’actes afin de connaître et participer à la manifestation de la vérité, sur les faits dont [son client] est accusé, qu’[il] conteste catégoriquement, mais également sur les conditions de tournage et sa légalité ».

Connu pour les actions en justice qu’il a entreprises par le passé contre des chaînes de télévision et des sociétés de production d’émissions de télé-réalité, Me Assous « considère que si cette malheureuse a pu tenir de tels propos, c’est, je pense, parce que son discernement était altéré du fait des conditions de tournage ».

Le tournage de l’émission phare de TF1 aux Fidji a été annulé vendredi 11 mai, avait annoncé la société de production, Adventure Line Production (ALP), à la suite de « faits susceptibles de relever d’une agression sexuelle » rapportés « dans la nuit du 4e au 5e jour de tournage », selon le communiqué d’ALP.

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