Le Salvador devient le premier pays au monde à interdire l’exploitation minière des métaux. Le Parlement a voté à une large majorité cette semaine une loi qui interdit toute extraction de métaux dans le pays afin d’éviter la pollution de ses ressources d’eaux.

Cette interdiction est le fruit de plusieurs années de combats acharnés de la société civile et de l’Eglise catholique contre les exploitations minières. Elle vise en particulier les exploitations d’or au nord du pays, connues pour leur impact sur les cours d’eau de la région. Le Salvador fait face à une pénurie d’eau douce liée au changement climatique. Le pays ne peut plus se permettre cette pollution estime Ricardo Navarro, directeur du Centre de technologie appliquée du Salvador.

« Le Salvador n’est pas un pays très riche en or. Il y a juste de quoi faire gagner un peu d’argent à quelques entreprises. Avec cette loi, on ne se prive donc pas de revenus  importants. En revanche, pour extraire l’or, il faut utiliser beaucoup d’eau et de cyanure. Et cette eau polluée, elle reste ici. Or on a besoin d’eau potable, de forêts, de nourriture. Cette loi, c’est donc une grande victoire pour le pays. »
 
Le Salvador avait déjà décrété un moratoire sur les extractions de métaux, il y a presque dix ans. Une décision qui a provoqué la colère du géant minier australo-canadien Oceanagold. Ce dernier a demandé 250 millions de dollars de réparations au gouvernement salvadorien pour avoir refusé en 2008 un permis d’exploitation d’or, déjà pour des raisons environnementales.

A l’issue d’un procès long de 7 ans, l’entreprise  a été déboutée par la cour d’arbitrage de la Banque mondiale. Les partisans de cette interdiction espèrent maintenant que ses voisins vont suivre l’exemple. Le Guatemala et le Honduras abritent plusieurs mines de métaux,  et les trois pays ont en partage le fleuve Lempa, le plus important cours d’eau d’Amérique centrale.