L’édition 2018 de la manifestation artistique est placée sous le signe du pas de côté.

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Au fil des éditions du Voyage à Nantes, l’espace public nantais a été joyeusement infiltré, bousculé ou sublimé, à travers une politique du dérèglement facétieux et avec la complicité d’artistes, mais aussi d’architectes ou de designers. Si les artères, espaces verts et monuments ont toujours été la matière première de ces excursions au coin de la rue, cela paraît encore plus flagrant cette année, avec des œuvres qui font littéralement corps avec le territoire urbain.

La liste des artistes invités pour cette 7e édition est sensiblement plus resserrée que lors des précédentes. A chacun, en revanche, a été donnée la possibilité d’intervenir sur plusieurs sites. Il en résulte plus d’homogénéité, tout en échos, avec moins d’installations spectaculaires, moins de découvertes aussi, mais avec des interventions plus intimistes.

L’Eloge du pas de côté, de Philippe Ramette, résume ce parti-pris. Trônant sur la place centrale du Bouffay, cette sculpture en bronze sur socle de pierre représente un double de l’artiste qui passerait presque inaperçu tant elle épouse les conventions du genre. A y regarder de plus près, la moitié du corps est pourtant suspendue dans le vide, exercice que Philippe Ramette effectue d’habitude en personne pour des photos où il défie les lois de la gravité (dans tous les sens du terme) grâce à des prothèses dissimulées sous l’éternel costume de son personnage. Sur le piédestal sont uniquement gravés les noms de l’œuvre et de la ville, pas le sien : il n’est pas question d’autoportrait ici, plutôt d’une allégorie pince-sans-rire de la politique culturelle nantaise. Des éloges, l’artiste en a mis en scène quatre autres pour ce Voyage : ceux de l’adaptation, de la transgression, de la discrétion et de la paresse.

« Jungle intérieure »

Fait singulier : l’aide des services des espaces verts a été sollicitée pour une oasis urbaine… qui existait déjà. Elle a été créée par l’artiste nantais Evor qui, en douze…

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