Le projet de reprise par un fast-food asiatique halal irrite salariés et habitants. Celui-ci est jugé sans avenir par le personnel.

Le Monde
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Au rond-point de Saint-Barthélemy que les travaux d’une voie rapide ont transformé en un vaste chantier, le célèbre fast-food est le seul bâtiment bas et coloré dans un horizon de barres et de tours de la Busserine, Font-Vert, Picon, les grandes cités des quartiers Nord de Marseille. « McDo tue nos emplois », « Entreprise milliardaire, salariés de misère »… des pancartes témoignent du bras de fer qui oppose les 77 salariés à leur gérant franchisé. Sur la terrasse, autour d’un café, des habitants ont rejoint les managers et équipiers qui occupent les lieux. Tout le monde se bat pour garder le McDo.

En mai, le gérant Jean-Pierre Brochiero a annoncé la cession des six établissements qu’il possède à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône. Cinq sont voués à rester sous la marque américaine et à être repris par un autre franchisé marseillais. Celui des quartiers Nord, en raison de « pertes financières structurelles » (3,3 millions d’euros depuis 2009), estime la direction, n’aurait, « plus aucune perspective sous l’enseigne McDonald’s ».

Le projet de cession de M. Brochiero prévoit une reprise par Hali Food and Co, une société tunisienne créée en mars qui souhaite en faire un fast-food asiatique halal. Il est jugé « farfelu » et non viable par le personnel qui y voit un montage pour se débarrasser de ce McDo pas comme les autres : issus des quartiers alentour, la plupart des salariés y travaillent depuis de longues années quand, ailleurs, fabriquer des hamburgers est souvent un job d’étudiant. Selon les représentants du personnel, cette reprise sans avenir serait aussi un moyen d’en finir avec un foyer syndical très actif au sein des McDo. « Le dernier village gaulois », comme disent les salariés.

« Vecteur de lien social »

Le comité d’entreprise de l’unité économique et sociale Marseille union restaurants qui regroupe les six McDonald’s de M. Brochiero demandera, lundi 20 août, au juge des référés…

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