En République démocratique du Congo (RDC), la Commission africaine des droits de l’homme a donné raison aux victimes du massacre de Kilwa (Katanga), dont huit avaient demandé réparation. Le gouvernement congolais a été condamné à leur verser 2,5 millions de dollars.
En octobre 2004, au moins 73 personnes avaient été tuées par des militaires avec le soutien d’une compagnie minière australo-canadienne, Anvil Mining. Ces personnes étaient accusées d’être complices d’un nouveau groupe rebelle. Treize ans plus tard, la Commission africaine des droits de l’homme a donné raison aux victimes du massacre de Kilwa lors duquel au moins 73 personnes, des civils pour la plupart selon l’ONU, ont été tuées.

L’ONG Rights and accountability in development (RAID) a soutenu les victimes dans cette démarche. Anneke Van Woudenberg a suivi ce dossier pour l’ONG. Jointe par RFI, elle revient sur les faits et décrit les agissements extrêmement violents de l’armée, avec la complicité de la société minière Anvil Mining.

« En 2004 à Kilwa, il y avait une petite rébellion de jeunes gens qui ont commencé à parler de la sécession du Katanga, raconte-t-elle. La réponse du gouvernement congolais et de l’armée a été très dure. Ils sont arrivés avec plusieurs centaines de soldats et ils ont bombardé le village, sans demander aux civils de quitter le village. Ils ont par ailleurs, fait du porte-à-porte et ont commencé à arrêter des gens qu’ils pensaient être avec les rebelles. Plusieurs femmes, enfants et bien sûr d’autres personnes ont ainsi été tuées dans ce massacre qui a duré à peu près deux, trois jours. »

Aide logistique

Selon elle, la société minière Anvil Mining a contribué à ce massacre en apportant la logistique. « Ils ont fourni un avion, des voitures, du carburant, de la nourriture et plusieurs autres choses pour assister l’armée dans ce massacre. C’est pour cela que la Commission a décidé que ce sont les agents de l’Etat congolais mais aussi les employés d’Anvil Mining qui doivent répondre », précise Anneke Van Woundenberg.

Le gouvernement congolais est également appelé à relancer les enquêtes et organiser un nouveau procès. L’affaire avait déjà été jugée par la justice congolaise qui avait alors acquitté, en 2007, tous les accusés, aussi bien les militaires que les employés de la compagnie. Ce verdict avait provoqué un tollé. Louise Arbour, à l’époque Haut-commissaire aux droits de l’homme, avait qualifié le procès de « parodie de justice » pour ce massacre très largement documenté par l’ONU.

RFI