Le professeur Ogobara Doumbo, cofondateur du centre de renommée mondiale Malaria Research and Training Center et lauréat du prix international de l’Inserm en 2013, est mort le 9 juin, à Marseille, à l’âge de 63 ans.

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Le professeur Ogobara Doumbo, médecin-chercheur malien de renommée mondiale, est mort, le 9 juin, à l’âge de 63 ans, à l’hôpital de la Timone, à Marseille. Il y était hospitalisé à la suite des complications d’une intervention chirurgicale au Mali. « Nous sommes tous orphelins », témoignaient ses équipes et ses partenaires, sous le choc.

« Ogo », comme le surnommaient avec affection les soldats de la lutte contre les maladies infectieuses, était respecté pour son engagement contre le paludisme. « Pour moi, le paludisme a toujours été un drame », confiait-il début mai au Monde Afrique. Près de 500 000 personnes meurent de ce fléau chaque année – dont un jeune enfant toutes les deux minutes.

Pour Jean-François Delfraissy, le président du Comité consultatif national d’éthique, « cette grande, cette très belle figure est partie de rien pour construire un très riche réseau de recherche et de prise en charge du paludisme ». Un modèle « unique en Afrique », estime Jean Gaudart, de l’Inserm et de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) à Marseille.

« Revenir dans les villages »

« Si l’on veut réellement combattre le paludisme, il faut revenir dans les villages », disait Ogobara Doumbo. En 1992, cet « enfant de la brousse » a cofondé le centre de formation et de recherche sur le paludisme Malaria Research and Training Center (MRTC), qu’il dirigeait depuis 2001. Ce centre est devenu une référence mondiale. « Ce qui fait notre force, c’est notre présence sur le terrain, notre travail avec les communautés des villageois et notre souci de répondre aux besoins quotidiens de la population », expliquait-il.

Ce modèle se fonde sur deux piliers : un centre de recherche de très haute technologie, à Bamako ; et une dizaine de sites répartis sur le territoire malien – où sont installées l’eau et l’électricité, une école, des routes et une connexion Internet. « Deux…

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