Le procès des 24 personnes arrêtées en mars après une manifestation contre la loi de fiances 2018 s’est ouvert mardi au Niger. Le ministère public a requis trois ans de prison à l’encontre de trois figures majeures de la société civile.

À l’issue d’un procès qui s’est achevé mardi 10 juillet peu avant minuit, le ministère public a requis trois ans de prison ferme contre Ali Idrissa, responsable du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (Rotab), Moussa Tchangari, le secrétaire général de l’association Alternative espaces citoyens (AEC), et Nouhou Arzika, le président du Mouvement pour la promotion de la citoyenneté responsable (MPCR), ont précisé des responsables des organisations où militent les acteurs concernés.

Le ministère a requis un an ferme pour une dizaine de détenus et demandé la relaxe pour deux autres.

Ali Kadri, un des avocats de la défense, a confirmé à la presse les peines de « un an à trois ans de prison » requis contre ses clients, mais sans donner de noms. « Les infractions pour lesquelles nos clients sont poursuivis ne sont pas constituées en droit […] nous estimons qu’ils vont bientôt recouvrer leur liberté », a-t-il commenté.

L’affaire a été mise en délibéré au 24 juillet, selon Me Boudal Effred Mouloul, un autre avocat.

Une loi « antisociale »

Au total, 24 prévenus ont comparu mardi, pour « organisation et participation à une marche interdite » et « complicité de dégradations de biens publics et privés ».

Tous avaient été arrêtés le 25 mars après des heurts à Niamey entre les forces de l’ordre et des manifestants, qui voulaient braver l’interdiction par les autorités d’une manifestation contre la loi de finances 2018 qu’ils jugent « antisociale ».

Entre octobre 2017 et mars 2018, un collectif de la société civile, l’opposition politique et quelques syndicats ont régulièrement organisé des manifestations pour demander « l’abrogation » de la loi de finances. Les protestataires reprochent au gouvernement d’avoir créé de nouvelles taxes et de nouveaux impôts et surtout d’avoir « accordé des cadeaux fiscaux d’une vingtaine de milliards de francs CFA » (une trentaine de millions d’euros) aux compagnies de téléphonie.

En avril, le président nigérien Mahamadou Issoufou avait estimé que la loi de finances « répondait aux aspirations du peuple nigérien » et que sa contestation par « une minorité », devait « s’exercer dans le cadre des lois en vigueur ».

La fronde contre le budget s’est estompée dans le pays depuis l’arrestation de ses principaux meneurs.

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