Au lendemain de son retour en RDC et après dix années passées en prison, l’opposant congolais Jean-Pierre Bemba, 55 ans, a annoncé jeudi à Kinshasa avoir fait acte de candidature à la présidentielle du 23 décembre.

« Je viens vous confirmer que j’ai eu effectivement la carte d’électeur, et j’ai déposé tous les dossiers » de candidature à la présidentielle « au niveau de la Commission électorale indépendante » (Ceni), a déclaré jeudi 2 août Jean-Pierre Bemba, à la sortie d’une longue audience au siège de cette institution.

« Maintenant il appartient à la Ceni de traiter toutes les candidatures. À mon niveau, j’ai déposé tout le dossier, il est en règle », a-t-il ajouté. Accompagné de son épouse et des cadres de son parti, le Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba a été accueilli par Corneille Nangaa, le président de la Ceni, avant de se soumettre à la procédure pendant plus de quatre heures.

« Obtenir des élections transparentes »

Face à la presse, l’ancien vice-président n’a pas souhaité s’exprimer sur l’utilisation de la machine à voter, très contestée par l’opposition qui la qualifie de « machine à tricher ». « Je ne vais pas jeter de l’huile sur le feu », s’est-il contenté de déclarer.

« L’objectif est d’obtenir des élections tant transparentes que crédibles », a poursuivi Jean-Pierre Bemba, qui vient de passer dix ans dans en prison. Condamné en juin 2016 par la Cour pénale internationale (CPI) à une peine de 18 ans pour des exactions de sa milice en Centrafrique en 2002-2003, il avait été acquitté à la surprise générale en juin dernier.

Une candidature de Katumbi ?

D’après le calendrier électoral, la Ceni, également sous le feu des critiques de l’opposition, doit publier la liste définitive des candidats le 19 septembre, le temps de faire face à d’éventuels recours en justice. Les candidats doivent déposer leur dossier avant la date butoir du 8 août.

Dans le même temps, un autre adversaire en exil du président Joseph Kabila, Moïse Katumbi, se voit toujours refuser son retour en RDC par les autorités congolaises. Vendredi matin, l’ex-gouverneur du Katanga avait ainsi annoncé que les autorités lui avaient interdit d’atterrir à Lubumbashi, compromettant ainsi le dépôt de sa candidature.

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