Cinq ans après sa création à Goma, le mouvement citoyen congolais Lucha lance, ce samedi 16 décembre une « section Europe » à Paris. La « Lutte pour le changement » (« Lucha ») en RDC ne doit plus se limiter au territoire national. C’est, en tout cas, ce qu’ont décidé les militants de ce « mouvement citoyen », né dans la ville de Goma, en 2012. Ce collectif aimerait reproduire le succès des mouvements citoyens sénégalais « Y’en a marre » et burkinabè « Balai citoyen », qui ont contribué, selon des modalités différentes, à chasser leurs présidents respectifs en 2012 et 2014.

La Lucha considère en effet le président congolais Joseph Kabila comme illégitime depuis l’expiration de son dernier mandat constitutionnel, en décembre 2016, et lance régulièrement des appels à manifester pour obtenir son départ.

« Premier mouvement citoyen »

A ce stade, ce mouvement n’est pas parvenu à mobiliser des masses comparables à celles qui ont déferlé sur Dakar et Ouagadougou. La Lucha revendique néanmoins le statut de « premier mouvement citoyen de la République Démocratique du Congo ». Elle aurait des sections reconnues dans « vingt-deux » villes du pays.

Sa première section hors de la RD Congo doit être créée, à Paris, samedi 16 décembre. « L’objectif est de mobiliser la diaspora en Europe, pour qu’elle s’organise afin de mener des actions, explique Bienvenu Matumo, un des militants de la Lucha, par ailleurs étudiant dans la capitale française. À terme, nous pourrons interpeller des institutions françaises, puisque la France est l’un des acteurs clés en RDC. Mais aussi celles de l’Union européenne ou encore les ambassades congolaises en Europe ».

 « Les Congolais de la diaspora ont aussi souvent une bonne éducation, poursuit-il. Ils pourront faire bénéficier le mouvement de leurs conseils sur la stratégie à adopter, ou encore mobiliser des fonds pour soutenir les mobilisations au Congo. »

Cette première réunion doit se tenir dans les locaux d’Amnesty international. Cette ONG de défense des droits de l’Homme avait déjà mené des campagnes de soutien pour les militants de la Lucha incarcérés, notamment Fred Bauma et Yves Makwambala, qui ont été détenus pendant plus d’un an à Kinshasa, après leur arrestation en mars 2015.

Jeuneafrique