La Chine est le premier prêteur de Nairobi. Son influence nourrit le ressentiment.

LE MONDE
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A Nairobi, « le problème de la dette » n’a pas seulement fait les gros titres des journaux ces dernières semaines. Des chauffeurs de taxi de la capitale aux sièges des grandes organisations – étrangères ou locales –, le sujet est sur toutes les lèvres, ou presque. Lundi 1er octobre, Willy Mutunga, représentant de la Kenya Revenue Authority, a ainsi publiquement réclamé « une commission d’enquête sur la dette », jugeant que cette question était devenue « émotive » pour ses concitoyens.

Malgré une croissance soutenue, la part de la dette dans le produit intérieur brut frôle les 58 %

La dette publique kényane a explosé, notamment depuis l’arrivée au pouvoir du président Uhuru Kenyatta, en 2013. D’environ 1 800 milliards de shillings kényans à cette date, elle a bondi à 5 000 milliards aujourd’hui (soit de 15,4 milliards à 42,7 milliards d’euros). Elle pourrait encore progresser, jusqu’à 7 000 milliards (60 milliards d’eu­ros), d’ici au terme du mandat de M. Kenyatta, en 2022. Malgré la croissance soutenue (entre 5 % et 6 % par an), la part de la dette dans le produit intérieur brut (PIB) a continué de croître et frôle désormais les 58 %.

La raison de cette explosion ? Une forte hausse des dépenses de l’Etat, justifiée par un important processus de décentralisation et, surtout, par un large programme d’investissements publics, « Vision 2030 », focalisé sur le développement des infrastructures. Un exemple illustre l’ambition de ce plan, son impact sur la dette et l’inquiétude qu’elle suscite : le Standard Gauge Railway (SGR), un train qui relie le grand port de Mombasa, sur l’océan Indien, à Nairobi, la capitale. Cette première tranche de travaux (le train doit à terme atteindre l’Ouganda), effectuée par des entreprises chinoises, a été financée par la Chine grâce à un prêt de 3,2 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros). 

L’influence de l’empire du Milieu cristallise les inquiétudes,…

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