Les forces turques ont chassé dimanche de la ville syrienne la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

L’essentiel

  • Le drapeau turc flotte depuis dimanche 18 mars sur la ville d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, marquant le terme d’une offensive baptisée « Rameau d’olivier », lancée le 20 janvier par Ankara pour chasser la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).
  • Honnies par les autorités turques pour leur affiliation aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les YPG sont les alliées des Etats-Unis et de la coalition internationale dans la lutte menée contre l’organisation Etat islamique (EI) dans l’est de la Syrie.
  • Evincée, l’administration semi-autonome kurde de la région d’Afrin a promis que ses combattants deviendraient un « cauchemar permanent » pour l’armée turque et ses alliés syriens.

La citation

« Maintenant, après [Afrin], nous allons poursuivre ce processus jusqu’à la destruction totale de ce corridor constitué de Manbij, Aïn Al-Arab [nom arabe de Kobané], Tal Abyad, Ras Al-Aïn et Qamichli. »

Lors d’un discours à Ankara, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est félicité de cette victoire, appelant à poursuivre l’offensive.

Une telle initiative serait potentiellement explosive, car des centaines de militaires américains, qui soutiennent les YPG contre les djihadistes de l’EI, sont déployés à Manbij, située à une centaine de kilomètres à l’est d’Afrin.

Avec cette nouvelle conquête, la Turquie contrôle de facto, par le truchement de ses alliés de l’Armée syrienne libre, de vastes territoires dans le nord de la Syrie.

La photo

Une fois entrés dans Afrin, combattants syriens et soldats turcs ont paradé en moto dans la ville, mettant en scène leur conquête sur les réseaux sociaux.

Perchés sur le balcon d’un bâtiment public, des soldats ont brandi le drapeau turc. Plus loin, des combattants syriens participant à l’offensive se sont rassemblés au pied d’une statue d’une figure historique de la résistance kurde, déboulonnée.

Un jeune homme fuyant Afrin attend à un point de contrôle dans le village d’Anab, avant de se rendre dans un secteur tenu par les rebelles syriens soutenus par la Turquie, samedi 17 mars.

BULENT KILIC / AFP

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Le tweet

Le sort des habitants d’Afrin inquiète les humanitaires, comme le souligne le message de la section syrienne du Comité international de la Croix-Rouge.

A Nubul et Zahra, où de nombreuses familles d’Afrin ont trouvé refuge, nous avons distribué avec le Croissant-Rouge syrien 2 700 matelas, 12 000 couvertures et d’autres biens de première nécessité, en attendant de l’eau, des repas et du matériel médical.

C’est une goutte d’eau dans l’océan des besoins de ces familles.

Le chiffre

250 000

C’est le nombre d’habitants d’Afrin qui auraient fui depuis mercredi pour échapper à l’avancée des forces turques, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui estime qu’il ne resterait plus que quelques milliers d’habitants dans la ville.

L’ONG évalue à plus de 280 le nombre de civils tués depuis le début de l’offensive d’Ankara.

La réaction

« Ce qui se passe à Afrin est un nettoyage ethnique, et les grandes puissances restent spectatrices », a commenté lundi Khaled Issa, représentant en France du Kurdistan syrien (Rojava).

Dans une déclaration à la presse, les autorités du canton d’Afrin ont par ailleurs annoncé la poursuite de la lutte par d’autres moyens. « L’occupation turque » implique le passage de la confrontation directe à une « nouvelle phase » dans les combats, une guérilla censée aboutir à la reprise de la localité, a déclaré à cette occasion un responsable de l’administration civile, Othman Cheikh Issa.

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