Le PSG a survolé les quatre mois et demi écoulés, à l’image du duo Mbappé-Neymar. A l’autre extrême, Monaco est en chute libre et la crise gagne Marseille.

Par Hugo Pereira Publié aujourd’hui à 13h10

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C’est la trêve pour les vingt équipes de la Ligue 1 de football. Et c’est aussi – sans tenir compte des quelques matchs reportés pour cause de manifestations des « gilets jaunes » – la fin de la première partie du championnat de France. L’heure des premiers bilans. Retour sur quelques-uns des événements marquants de ces quatre mois et demi, qu’il s’agisse de tops ou de flops.

Les tops

  • La connexion Neymar-Mbappé

Les deux attaquants du Paris-Saint-Germain ont marqué la première partie de saison et mis au supplice les défenses de Ligue 1. Avec l’arrivée de Thomas Tuchel sur le banc parisien, Neymar a été repositionné en meneur de jeu et la relation entre les deux joueurs saute aux yeux. Le no 10 brésilien (11 buts, 5 passes décisives) orchestre et fait briller ses coéquipiers à l’instar de son compère d’attaque, meilleur buteur de la Ligue 1 à mi-parcours avec treize réalisations. Jusqu’alors souvent exilé sur le côté droit, en club comme en sélection, Kylian Mbappé évolue de manière plus régulière au poste d’avant-centre. Une alternative prometteuse (moins pour Edinson Cavani), comme en atteste son quadruplé en treize minutes face à l’Olympique lyonnais en septembre. Ce soir-là, il avait œuvré à la finition, mais c’est bien Neymar qui avait impulsé toutes les actions.

  • Thomas Tuchel, la lune de miel parisienne

« Top top top ». La formule chère à Thomas Tuchel, l’entraîneur allemand du PSG, lors des conférences de presse, résume le début de saison de l’équipe. La « patte » Tuchel, teintée de rigueur, de caractère mais aussi de complicité avec ses joueurs fonctionne : la formation est invaincue sur l’ensemble de la phase aller (quinze victoires et deux matchs nuls à Bordeaux et Strasbourg).

Le jeu mis en place par l’ancien coach du Borussia Dortmund n’est pas le plus flamboyant de l’histoire du PSG version qatarie. Mais le technicien a su se faire apprécier de son groupe, intégrant quelques jeunes du centre de formation (N’Soki, Diaby) à la rotation de l’équipe, tout en développant un système de méritocratie. Aucun joueur n’est indispensable, à l’instar d’Adrien Rabiot sanctionné après un retard à une causerie d’avant-match, puis écarté du groupe pour des soucis contractuels. Il faudra toutefois attendre le printemps et les joutes européennes, face à des équipes d’un autre calibre, pour juger la portée réelle de la méthode Tuchel.

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  • Lille, la révolte d’un ancien mal classé

Si Paris caracole en tête du championnat, son dauphin n’est pas forcément celui qu’on attendait. Exit les habitués, comme Lyon (3e) ou Marseille (6e), place à Lille, club qui n’était pourtant pas loin de chuter en Ligue 2 la saison dernière. Le projet – très critiqué – de transformation du club, engagé dix-huit mois plus tôt par Gérard Lopez porte enfin ses fruits. L’entraîneur, Christophe Galtier, a mis six mois pour trouver la bonne formule : un bloc solide et des contre-attaques menées par trois joueurs (Bamba, Ikoné, Pépé), surnommés la « BipBip ». Le champion de France 2011 peut rêver d’une place en Ligue des champions en fin de saison, avant de, sans doute, vendre ses meilleurs éléments, comme Nicolas Pépé.

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  • L’effet « coach Vahid »

Replacez-vous au début d’octobre. Impatient, Waldemar Kita, le président du FC Nantes, veut des résultats et vite. Les ambitions de jeu prônées par Miguel Cardoso l’ennuient (« On joue à la baballe »). Exit le Portugais – 13e entraîneur débarqué de l’ère Kita – et place à Vahid Halilhodzic, 66 ans, ancien buteur historique du club. Trois mois après la prise de fonctions du Bosnien, aux méthodes fermes, les Canaris sont sortis de la zone de relégation, quatorzièmes à mi-chemin du championnat. Avec un jeu basé sur la rigueur, l’ex-entraîneur du PSG a su faire de la Beaujoire une forteresse imprenable. Mieux, il a su rendre attractif le jeu de son équipe.

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Les flops

  • A Monaco, une chute interminable

La descente aux enfers. Champion de France en 2017, Monaco pointe aujourd’hui à l’avant-dernière position du championnat. Le club de la Principauté paie, pour partie, sa politique économique (recruter de jeunes talents et les revendre moyennant plus-values). Ce modèle fonctionnait depuis l’arrivée de Leonardo Jardim à l’été 2014. Il montre ses limites. L’entraîneur portugais n’a pu sauver les meubles et Thierry Henry a été appelé à la rescousse courant octobre.

Mais les débuts du champion du monde 1998 dans son club formateur ne sont guère rassurants, avec seulement deux victoires en neuf matchs de Ligue 1. Le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France affronte une cascade de blessures (17 joueurs indisponibles) et la méforme de certains cadres, titulaires lors de la saison du titre (Subasic, Sidibé, Glik, Jemerson). Avec un effectif aussi inexpérimenté, la première expérience sur le banc de Thierry Henry pourrait se transformer en cauchemar.

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  • La crise gagne Marseille

Mauvais résultats, Stade-Vélodrome vide, entraîneur qui commence à être sous le feu des critiques… l’Olympique de Marseille est en crise. La saison dernière, le parcours du club phocéen en Ligue Europa (vaincu en finale par l’Atlético Madrid) avait un peu fait oublier qu’en championnat Marseille butait sur ses rivaux du haut de tableau. Cette saison, les Marseillais sont friables et pointent à la 6e place du championnat, à cinq points de la 3e place qualificative pour la Ligue des champions, l’objectif annoncé du propriétaire américain, Frank McCourt.

A l’absence d’identité de jeu s’ajoute une défense gruyère qui a déjà encaissé 26 buts. Critiqué par les supporteurs, Rudi Garcia, même s’il a prolongé son contrat jusqu’en 2021, est sous pression. D’autant que le club a été éliminé de la Ligue Europa.

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  • Guingamp n’a toujours pas enclenché la marche en avant

Une saison noire. Tout avait commencé sous des mauvais hospices pour le club des Côtes-d’Armor. Jimmy Briand, son joueur phare, est parti à Bordeaux, sans que le club n’arrive à le remplacer. La suite ? Seulement deux victoires. L’entraîneur Antoine Kombouaré en a payé le prix et un habitué du stade de Roudourou est arrivé sur le banc breton, en la personne de Jocelyn Gourvennec (déjà en poste entre 2010 et 2016).

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Celui qui avait remporté la Coupe de France en 2014 et emmené son équipe en seizièmes de finale de Ligue Europa n’a toutefois pas provoqué d’électrochoc. Plus mauvaise défense de l’élite, l’En-avant Guingamp semble se diriger tout droit vers la Ligue 2. A moins d’un miracle. Le succès à Monaco (0-2), samedi 22 décembre, juste avant la trêve, pourrait peut-être servir de déclic.

Hugo Pereira

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