Déborder les frontières de la photographie, celles du genre et celles de l’Europe : le nouveau programme de la Maison européenne de la photographie (MEP), à Paris, marque clairement un changement d’ère. Le Britannique Simon Baker, nouveau directeur qui a succédé au fondateur de l’endroit, Jean-Luc Monterosso, en poste pendant plus de vingt ans, a présenté son programme d’expositions, mercredi 10 octobre, rassemblé autour d’un mot : « diversité ». Ce dernier veut recouvrir aussi bien la diversité géographique que la diversité sexuelle et la diversité des pratiques photographiques. Les deux premiers noms de son programme, qui débutera en 2019, sonnent jeunes et branchés, et disent la volonté du directeur d’attirer un nouveau public, celui qui aime la photographie pas seulement sous forme de tirages exposés en galerie, mais aussi sur les réseaux sociaux.

Simon Baker a choisi ainsi d’ouvrir son programme avec deux jeunes artistes peu exposés en France et connus dans le champ de la mode. Les œuvres de Ren Hang, Chinois qui s’est suicidé en 2017, à 29 ans, qui faisait poser ses amis dans des nus audacieux peu appréciés des autorités de son pays, répondront à celles de Coco Capitan, 26 ans, Espagnole formée à Londres, familière du monde de la publicité, qui crée des images traversées de slogans ironiques et critiques de la société de consommation.

Dès septembre 2019, pour la troisième saison, les couleurs vives reviendront avec le Marocain Hassan Hajjaj

La deuxième saison, plus classique, verra davantage de photos noir et blanc sur les murs de la MEP : les derniers travaux de l’Américain Henry Wessel, représentant du courant des New Topographics, seront exposés en même temps qu’une sélection de photos venues de la collection de la MEP, sur le thème du film noir, avec des œuvres signées Robert Adams, Diane Arbus, Daniel Boudinet, Arnaud Claass ou Paulo Nozolino.

Mais, dès septembre 2019, pour la troisième saison, les couleurs vives…

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