Les États-Unis ont annoncé le 17 octobre entamer une procédure de retrait de l’Union postale universelle en vue d’appliquer leurs propres taux postaux aux frontières américaines.

Les États-Unis ont “ouvert un nouveau front” dans le conflit qui les oppose à la Chine sur le plan économique, rapporte le Wall Street Journal. Le gouvernement de Donald Trump a annoncé le 16 octobre qu’il entendait se retirer de l’organisation internationale qui gère depuis 1874 l’échange de courrier entre pays, l’Union postale universelle (UPU). Sise à Berne en Suisse, elle regroupe 192 pays, dont les États-Unis, qui en sont un des membres les plus anciens.

La cause du courroux américain : un taux spécial appliqué aux pays en développement pour les envois allant jusqu’à 2 kilos. Ces règles permettent d’envoyer des colis à un moindre coût. Or, bien que la Chine soit devenue la deuxième économie du monde, elle bénéficie encore de ce taux extrêmement faible. Ainsi, selon Washington, il est plus avantageux d’expédier de la Chine vers les États-Unis qu’à l’intérieur du pays : 9 et 23 dollars d’un État à un autre, contre 5 dollars pour un colis envoyé de l’empire du Milieu.

Cette situation coûterait 300 millions de dollars (261,5 millions d’euros) par an aux États-Unis, estime le gouvernement de Donald Trump.

Trump est obnubilé par le pouvoir chinois

“La stratégie est simplement de mettre un terme aux dégâts causés par une organisation internationale”, a déclaré un officiel américain, cité par le journal des affaires. “La Chine n’est pas en cause. Ce sont les taux inéquitables qui le sont.”

Pour autant, Pékin s’est senti visé. “Nous regrettons la décision des États-Unis de se retirer de l’Union postale universelle”, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères en plaidant pour le multilatéralisme.

Cette décision “n’affectera pas beaucoup les entreprises chinoises d’e-commerce car elles font la plupart de leurs affaires sur le marché national”, commente Zhang Baohui, professeur de science politique à l’université Lingnan de Hong Kong, cité par le South China Morning Post. “Je ne pense pas que ce soit vraiment important, mais cela montre que Trump est obnubilé par le pouvoir chinois, et qu’il fera tout pour le limiter.”

L’annonce est en tout cas un nouvel “exemple de l’empressement du gouvernement Trump de se retirer des accords multilatéraux qu’il juge pénalisants à l’égard des intérêts des États-Unis”, souligne le Wall Street Journal.

Le gouvernement américain avait missionné en août une équipe pour renégocier les taux lors de la réunion de l’UPU qui devait se dérouler en septembre à Addis-Abeba, en Éthiopie. Mais le délai de réaction de l’organisation n’a pas été du goût de Donald Trump, une proposition de réforme ne pouvant pas être présentée, selon l’UPU, avant la prochaine rencontre de l’organisation, en 2020. D’où l’annonce de retrait. La procédure devrait prendre un an.

Catherine Guichard

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