Ces archers nomades de Tanzanie ont une santé métabolique et cardio-vasculaire remarquable, grâce à leur niveau d’activité physique très élevé.

Par Pascale Santi Publié aujourd’hui à 06h00, mis à jour à 09h15

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Dix mille pas et plus. Les populations de chasseurs-cueilleurs nous apprennent beaucoup. Ainsi des Hadza, des archers nomades vivant dans le nord de la Tanzanie, près du lac Eyasi, non loin de la frontière kényane. Le groupe, qui compte un millier de personnes, descendrait des premiers habitants connus de la région.

A l’instar des Tsimané, autre ethnie de chasseurs-cueilleurs de l’Amazonie bolivienne, déjà évoquée dans cette chronique, les Hadza sont en très bonne santé. C’est ce que montre une étude menée par Herman Pontzer, professeur en anthropologie de l’évolution à l’université de Duke (Caroline du Nord, Etats-Unis), publiée début décembre dans Obesity Reviews.

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En effet, sur les 192 personnes hadza étudiées, seulement une serait considérée comme obèse, et deux seraient en surcharge pondérale, la moyenne de l’indice de masse corporelle (IMC, rapport du poids en kilos sur la taille en mètre élevée au carré) de l’échantillon se situant aux alentours de 20. Rappelons que l’on parle de surpoids lorsque cet IMC dépasse 25, et d’obésité au-delà de 30. Quant au diabète de type 2, il est quasiment inexistant, relèvent ces travaux. Ainsi, chez les Hadza, la glycémie à jeun reste en deçà des limites. De même pour l’hypercholestérolémie, quasi inexistante. Le plus frappant est l’excellente santé cardio-vasculaire. De même, et comme leurs « cousins » chasseurs-cueilleurs, les Hadza ont moins de cancers – même si ceux-ci sont difficiles à détecter et à comptabiliser sans dépistage médical moderne, reconnaissent les auteurs de l’étude.

Niveau d’activité physique très élevé

Comment expliquer une telle santé ? Les populations de chasseurs-cueilleurs ont en commun un niveau d’activité physique très élevé. Ainsi des Hadza, qui pratiquent environ 135 minutes d’activité physique modérée – des mesures effectuées avec des accéléromètres – et marchent entre six et neuf kilomètres par jour, femmes et hommes confondus. Des niveaux bien supérieurs aux populations des pays industrialisés. Et bien au-delà des recommandations de l’OMS, qui préconisent 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée par…. semaine. De plus, ces niveaux d’activité ne faiblissent pas avec l’âge.

Parallèlement, ces niveaux d’activité physique ne semblent pas compensés par une augmentation du temps de repos, notamment la durée du sommeil. Mais la sédentarité, facteur des risques des populations industrialisées, est difficilement mesurable dans ces populations.

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