L’artiste musicien Simaro, de son vrai Massiya Lutumba Ndomanueno, est mort ce samedi 30 mars à Paris, à l’âge de 81 ans. Un compositeur prolixe, fidèle compagnon de Franco Luambo décédé, lui, en 1989.

Lutumba Ndomanueno a été un grand guitariste, en même temps qu’un compositeur de talent. Au pays, on l’appelait tout simplement « Le Poète ».

Simaro a eu une histoire assez particulière. Nous sommes en 1958, il a vingt ans lorsqu’il rompt avec la firme SEDEC, Société d’entreprise commerciale du Congo belge, pour se lancer dans la musique professionnelle : Micra Jazz, puis Congo Jazz avant d’intégrer l’OK Jazz en 1961. Et il va y rester jusqu’à la mort de Franco en 1989.

Dans ce dernier orchestre, il a apporté sa touche personnelle : « Une technique de guitare inspirée du zebola, de la rumba et de l’afro-cubain ; des chansons poétiques et pleines de spiritualité », précise l’un de ses biographes. Le chanteur et compositeur Lokua Kanza, lui, se souvient du « grand Simaro » et de ses textes de « pure poésie » qui l’ont marqué pendant son enfance. Le guitariste et chanteur Jean Goubald, de son côté en retient « un homme sage, à la manière des sages d’Afrique. Un peu comme le roi Salomon, quelqu’un qui a quelque chose à dire à toutes les générations ».

C’est le seul, ou le premier, qui est venu avec d’autres tournures, d’autres images, ce mec a apporté la lumière dans la façon de voir le texte. Le texte de Simaro c’est d’une profondeur qui est incroyable.

Sa commune de résidence, Lingwala, lui a rendu un hommage de son vivant : le buste de Simaro est placé au carrefour de la place Asanef, juste à côté de la cité de la radio-télévision nationale… Adieu l’artiste !

(Avec RFI)