L’Ocha a confirmé ce vendredi à Jeune Afrique la tenue, le 13 avril à Genève, de la première conférence internationale des donateurs pour la RDC. Objectif : récolter 1,37 milliard d’euros pour financer les actions humanitaires dans le pays.

« La crise humanitaire en RDC est tellement grave et sérieuse qu’il est devenu nécessaire d’y jeter un coup de projecteur de manière spécifique. » C’est en ces termes que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) à Kinshasa explique l’organisation de « la toute première conférence en matière d’aide d’urgence en faveur de la RDC ».

« L’événement aura lieu le 13 avril à Genève. Il est organisé par trois entités : l’Ocha, l’Union européenne et les Pays-Bas », précise à Jeune Afrique Yvon Edoumou du bureau de l’Ocha dans la capitale congolaise. Depuis quelques mois, cette agence du système des Nations unies multiplie des contacts et plaidoyers auprès de potentiels bailleurs pour financer les actions humanitaires en RDC.

« Nous estimons que 1,68 milliard de dollars [soit 1,37 milliard d’euros, NDLR] seront nécessaires pour assister 10,5 millions de personnes en 2018 », a rappelé Kim Bolduc, le coordinateur humanitaire, dans le plan de réponse humanitaire pour la RDC mis à jour le 18 janvier.

Projections alarmantes en RDC

En novembre 2017, le pays a atteint « le plus haut niveau d’urgence humanitaire (L3) », selon les Nations unies. Une situation justifiée par les crises au Kasaï, dans le Centre, à Tanganyika, dans le Sud, et au Sud-Kivu, dans l’Est. « Les projections sont alarmantes : un tel niveau de vulnérabilités et de besoins n’a jamais été enregistré de toute l’histoire des appels humanitaires en RDC, mettant en péril la reprise d’un cycle de stabilisation et de développement », prévenait alors Kim Bolduc.

En témoignent ces chiffres : « 18 des 26 provinces que compte la RDC sont impactées par les conséquences humanitaires. 13,1 millions de personnes, dont 7,7 millions d’enfants auront besoin de protection et d’assistance humanitaire en 2018, une augmentation de 50% par rapport à 2017. Parmi eux, 7,5 millions de personnes déplacées et retournées auront besoin des efforts conjugués de tous pour trouver un abri ou de l’eau potable, 9,9 millions de personnes pour se nourrir et 4,5 millions d’enfants de traitement médical pour survivre à la malnutrition. »

Quand j’étais Premier ministre, il fallait éteindre le feu. Comme la paix revient, il y a un couloir humanitaire pour pouvoir travailler

Avec l’annonce de la tenue de cette conférence internationale des donateurs, Samy Badibanga estime avoir « atteint [son] objectif ». Depuis quelques mois, l’ancien Premier ministre s’était engagé de son côté dans une campagne de sensibilisation face à la dégradation de la situation humanitaire en RDC. Dans une tribune publiée début février à Jeune Afrique, l’élu de Kinshasa soulignait que « l’urgence en RDC est autant politique qu’elle est humaine et humanitaire ».

« J’ai mené une démarche citoyenne, en tant que politique, pour maximiser les chances d’atteindre plus de bailleurs », explique Samy Badibanga. À ceux qui s’interrogent sur son silence, voire son inaction, lorsqu’il était aux affaires, l’ancien chef du gouvernement répond : « Quand j’étais Premier ministre, il y avait encore des tensions entre pygmées et Bantous dans le Tanganyika, mais aussi des tueries dans le Kasaï. Il fallait d’abord éteindre le feu. Comme la paix revient, il y a désormais un couloir humanitaire pour pouvoir travailler. »

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