Accusée par différentes ONG de malversations, la Gécamines a rendu un rapport intitulé « la vérité sur les mensonges des ONG en RD Congo ». Albert Yuma, le patron de l’opérateur minier national, a qualifié ces attaques de « malhonnêtes et scandaleuses ».

Albert Yuma avait beau manier l’ironie lors de son discours du 28 novembre à l’hôtel Pullman de Kinshasa, la centaine de personnes présentes à cette conférence de presse pouvait deviner sans difficulté l’exaspération du patron tout-puissant de la Gécamines.

Devant le ban et l’arrière-ban des pouvoirs publics congolais – dont le vice-Premier ministre Léonard She Okitundu -, le président de l’opérateur minier national et ses principaux conseillers étaient venus présenter un rapport d’une soixantaine de pages, compilées par leurs propres services, comportant un titre des plus explicites : « La vérité sur les mensonges des ONG en RD Congo – Ou comment sous couvert de morale, on voudrait priver le pays de sa souveraineté sur les matières premières ».

Un « activisme obsessionnel » contre la Gécamines

Des accusations « malhonnêtes et scandaleuses »

Albert Yuma et son état-major se sont évertués à démonter une à une les différentes attaques, « malhonnêtes et scandaleuses », selon son principal dirigeant, dont la Gécamines fait l’objet de la part d’organisations telles que Global Witness, le Centre Carter ou plus dernièrement Enough Project, qui dénoncent régulièrement des détournements de fonds en RDC.


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Un travail fastidieux qui a demandé près de trois heures, tant ces ONG anglo-saxonnes, « toutes membres de la même nébuleuse internationale », a insisté Albert Yuma dans son introduction, font preuve d’un véritable « activisme obsessionnel contre une Gécamines, défendeur des intérêts congolais face à un capitalisme mondialisé ». Elles lui reprochent notamment son absence de transparence financière, la disparition de plusieurs centaines de millions de dollars dans ses bilans comptables entre 2011 et 2014, la vente d’actifs prétendument sous-évalués ou encore la faiblesse de sa contribution au budget de l’État congolais, voire la non rémunération de son personnel.

Présentation des livres de comptes

Autant de critiques « à charge » qui, pour les responsables de la Gécamines, n’ont d’autre but que de « travailler à la spoliation des ressources naturelles congolaises au profit d’intérêts étrangers ». Pour l’occasion, l’opérateur a donc sorti ses livres de comptes, crédités par des agences de notation internationales qui ont démontré toute leur crédibilité lors de la crise financière de 2008.

Ses dirigeants ont néanmoins reconnu que la Gécamines pouvait apporter plus aux finances publiques, mais ont plaidé un contexte moins favorable à la société minière depuis la libéralisation de la filière en 2002. Et comme l’a rappelé avec raison aux ONG Albert Yuma, « le secteur minier congolais ne peut à lui-seul permettre de rattraper le retard structurel du pays en matière de développement économique ». À bon entendeur…

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