«Le Rendez-vous de Suisse pour désigner le « candidat commun » de l’opposition pour la présidentielle du 23 décembre prochain est un passe-temps et exprime une faiblesse de l’opposition sans obtenir au préalable le retrait de la machine à voter imposée par l’adversaire», a déploré Mê Michel Kanama qui exprimait ainsi son amertume et déception à congotribune.net.

Le président du Congrès de Résistance Patriotique (CRP),  considère que l’option de ces candidats de l’opposition, déjà malheureux à la prétendue présidentielle de décembre, sans obtenir au préalable le retrait de la machine à voter controversée, sans réduire Joseph Kabila à un simple citoyen, sans qu’une transition loin de la Kabilie ne soit envisagée, exprime une grande faiblesse qui les verse aux initiatives de passe-temps.

«Alors que des milliers de manifestants congolais se sont mobilisés à Kinshasa et dans plusieurs grandes villes de la RDC le 26 octobre scandant « Machine à voter = machine à tricher, combattants jusqu’à la mort ! »,  pour protester contre les machines à voter et exiger l’abandon de l’utilisation de ces machines qu’ils dénoncent d’être des « machines à tricher”, les candidats de l’opposition affichent leur faiblesse en fixant rendez-vous à l’étranger dans une tentative de designer «le possible candidat unique» à la prétendue présidentielle du 23 décembre prochain», a conclu Michel M.Kanama qui les exhorte à réexaminer leur position.

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Pour rappel, lors des manifestations du 23 octobre, les manifestants ont réclamé le retrait des machines à voter, qui doivent permettre aux électeurs de choisir leur candidat et imprimer leur bulletin dans les bureaux de vote aux scrutins présidentiel, législatifs et provinciaux du 23 décembre prochain.

L’opposition populaire considère que ces machines, de fabrication sud-coréenne, vont favoriser la fraude lors des élections qui doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila, à la tête du pays depuis 2001, dans un pays qui n’a jamais connu de transition pacifique depuis son accession à l’indépendance en 1960. La marche visait aussi à obtenir de la commission électorale la radiation de plus de dix millions d’électeurs inscrits sans empreintes digitales dans le fichier électoral.

Sept ténors de l’opposition congolaises comptent désigner un candidat commun à la présidentielle de décembre au cours d’une réunion prévue à partir de jeudi à Genève, malgré des dissensions qui les minent à moins de deux mois d’élections sous tension en République démocratique du Congo, ont annoncé mardi des responsables.

« Jusqu’à nouvel ordre, tous les ténors de l’opposition se retrouveront en Suisse en vue de prendre part à la réunion de désignation du candidat commun de l’opposition à la présidentielle » du 23 décembre, a déclaré à l’AFP Freddy Matungulu, un des quatre candidats de l’opposition en lice à cette élection.

Le 26 octobre en Afrique du sud, les sept ténors de l’opposition avaient promis de désigner un candidat commun au plus tard le 15 novembre pour le scrutin qui doit permettre d’élire le successeur du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 18 ans

Reportée en 2016 puis en 2017, la présidentielle du 23 décembre 2018 doit élire un nouveau dirigeant de la RDC après les dix-huit ans au pouvoir de M. Kabila à qui la Constitution interdit de se représenter.