Le bureau provisoire du Sénat congolais a été désigné lundi 1er avril, ce qui ouvre la voie à son installation qui doit avoir lieu cette semaine. Il y a quinze jours, le président Félix Tshisekedi avait pourtant suspendu cette installation après des soupçons de corruption pesant sur l’élection des sénateurs, avant de rétropédaler jeudi dernier, tout en promettant de lutter contre la corruption. De sources concordantes, le chef de l’État aurait subi des pressions de la part de ses alliés du Front commun, la coalition pro-Kabila, qui a raflé une écrasante majorité des sièges.

La décision du président Tshisekedi de suspendre l’installation du Sénat, sur pression de la base de son parti, quasiment absent de la nouvelle assemblée, avait été perçue comme une tentative pour le chef de l’État de marquer son indépendance vis-à-vis de Joseph Kabila. Mais la riposte du FCC, la coalition de l’ex-président, s’est vite organisée.

« Le Sénat, c’est l’assemblée où siègent les caciques qui ne veulent pas partir », explique un conseiller. Résultat : rencontres et réunions se sont multipliées. « On a fait comprendre au chef de l’État qu’il n’avait pas « intérêt’ » à se lancer » dans un bras de fer avec l’ex-président, rapporte un cadre du Front commun. Selon plusieurs sources, la menace d’une « destitution par le Parlement » où le président Thiskekedi est largement minoritaire aurait même été brandie. « Un chiffon rouge qui risque d’être agité chaque fois que nécessaire », prédit l’une de ces sources.

Félix Tshisekedi a-t-il cédé sous cette pression ? « Pures spéculations », rétorque un responsable de la presse présidentielle qui dément tout rétropédalage et promet qu’installation du Sénat ou pas, « tous ceux qui ont trempé dans la corruption seront interpellés ». Au sein du FCC, en tout cas, l’issue du bras de fer ne semblait pas faire beaucoup de doute. Avant même que Félix Tshisekedi annonce la levée de sa mesure de suspension du Sénat, les responsables du Front commun avaient donné ordre à leurs élus de rejoindre au plus vite Kinshasa pour prendre leurs fonctions.

(Avec RFI)