Une douzaine de personnes ont été tuées lors d’une tentative d’évasion vendredi dans une prison du Kasaï, à Tshikapa, en République démocratique du Congo, ont rapporté samedi plusieurs sources.

« Neuf détenus ont trouvé la mort quand les forces de l’ordre essayaient de les reprendre. Huit autres blessés par balle ont été admis à l’hôpital de Kanzala », a déclaré à la presse Masaka Nansaka, le directeur de la prison de Tshikapa.

Deux policiers et deux ex-milicients ont également été tués, selon la même source. Une soixantaine de détenus auraient réussi à s’évader, selon les chiffres du directeur, qui parle de 272 détenus civils et 98 détenus militaires au 7 février, et 212 détenus civils et 85 détenus militaires après les incidents.

Reddition

La police dit avoir repris 16 évadés. La mort d’un milicien en détention vendredi a mis le feu aux poudres, d’après le vice-gouverneur du Kasaï, Hubert Mbingho : « Ses amis se sont rendus à la prison pour récupérer le corps. Les services de la prison se sont opposés et une altercation est survenue. Les détenus en ont profité et se sont emparés d’une arme d’un policier qu’ils ont blessé ».

« Dans la confusion, beaucoup de détenus sont sortis et se sont jetés dans la rivière Kasaï qui est à côté de la prison pour s’échapper par la nage », a-t-il ajouté. Cinq prisonniers avaient été tués lors d’une précédente tentative d’évasion dans une autre prison du Kasaï fin janvier.

Le Kasaï est la région d’origine de la famille du nouveau président congolais Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle de la présidentielle du 30 décembre. Après son investiture, des centaines de miliciens de la secte Kamuina Nsapu ont opté pour la reddition.

Les Kamuina Nsapu s’étaient soulevés contre le pouvoir central entre septembre 2016 et mi-2017 après la mort de leur chef coutumier, tué par les forces de sécurité le 12 août 2016. La violence des miliciens et des forces de sécurité avaient fait plus de 3 000 morts et 1,4 million de déplacés.

(Avec Afp)